Enseignement apprentissage du français en Algérie - Boites à textes
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Boites à textes

THEME:LE SPORT
                                                            Les combats de boxe 
 Ta seconde année démarre sous de bons auspices. Tu as le même chef de section que la première année, et en plus de son service à la compagnie, il enseignera désormais le noble art.
Il a naguère été Champion de France militaire dans la catégorie des poids moyens, et pour plusieurs raisons tu l’admires.
Aussi quand on te demande quel sport tu veux pratiquer, tu choisis évidemment la boxe. À peine as-tu appris quelques rudiments aux côtés des débutants de ton âge, qu’il organise des combats entre vous. Il aime vous voir vous flanquer de sérieuses peignées, s’esclaffe bruyamment quand l’un de vous se fait desendre et reste étendu pour le compte. Lors de ces combats de trois rounds de deux minutes, afin d’attirer son attention, de gagner peut-être son amitié, tu t’emploies à prouver que tu ne crains pas de recevoir des coups et que tu ne détestes pas en donner. Parfois, tu saignes du nez, vois des étoiles papilloter devant tes yeux, ou sonné, épuisé, te retrouves au tapis sans avoir force de te relever. Mais rien ne saurait rebuter l’ardeur dont tu fais montre.
Le dimanche, le chef vient te chercher à la caserne et tu as l’indicible joie de passer la jourée chez lui. Parfois, alors qu’il est de service et doit retourner à la caserne, tu restes seul avec sa femme, ce qui n’est pas tellement pour te plaire. Tu es timide et sombre, farouche, et tu ne sais que lui dire ni comment te comporter.
                                                                         Charles Juliet, Lambeaux (p 105)
                                                                                 Collection Folio, Gallimard
                                                   Le sport.
Je suis contre. Je suis contre parce qu’il y a un ministre des Sports et qu’il n’y a pas de ministre du Bonheur (on n’a pas fini de m’entendre parler du bonheur, qui est le seul but raisonnable de l’existence). Quant au sport, qui a besoin d’un ministre (pour un tas de raisons, d’ailleurs, qui n’ont rien a voir avec le sport), voilà ce qui se passe : quarante mille personnes s’asseoient sur les gradins d’un stade et vingt-deux types tapent du pied dans un ballon. Ajoutons suivant les régions un demi-million de gens qui jouent au concours de pronostics ou au totocalcio1, et vous avez ce qu’on appelle le sport. C’est un spectacle, un jeu, une combine, on dit aussi une profession : il y a les professionnels et les amateurs. Professionnels et amateurs ne sont jamais que vingt-deux ou vingt-six au maximum ; les sportifs qui sont assis sur les gradins, avec des saucissons, des canettes de bière, des banderoles, des porte-voix et des nerfs sont quarante, cinquante ou cent mille ; on rêve de stades d’un million de places dans des pays où il manque cent mille lits dans les hôpitaux, et vous pouvez parier à coup sûr que le stade finira par être construit et que les malades continueront à ne pas être soignés comme il faut par manque de place. Le sport est sacré ; or c’est la plus belle escroquerie des temps modernes. Il n’est pas vrai que ce soit la santé, il n’est pas vrai que ce soit la beauté, il n’est pas vrai que ce soit la vertu, il n’est pas vrai que ce soit l’équilibre, il n’est pas vrai que ce soit le signe de la civilisation, de la race forte ou de quoi que ce soit d’honorable et de logique. […]
À une époque où on ne faisait pas de sport, on montait au mont Blanc par des voies non frayées en chapeau gibus2 et bottines à boutons ; les grandes expéditions de sportifs qui vont soi-disant conquérir les Everest ne s’élèveraient pas plus haut que la tour Eiffel, s’ils n’étaient aidés, et presque portés par les indigènes du pays qui ne sont pas du tout des sportifs. Quand Jazy court, en France, en Belgique, en Suède, en U.R.S.S., où vous voudrez, n’importe où, si ça lui fait plaisir de courir, pourquoi pas ? S’il est agréable à cent mille ou deux cent mille personnes de le regarder courir, pourquoi pas ? Mais qu’on n’en fasse pas une église, car qu’est-ce que c’est ? C’est un homme qui court ; et qu’est-ce que ça prouve ? Absolument rien. Quand un tel arrive premier en haut de l’Aubisque3, est-ce que ça a changé grand-chose à la marche du monde ? Que certains soient friands de ce spectacle, encore une fois pourquoi pas ? Ça ne me gêne pas. Ce qui me gêne, c’est quand vous me dites qu’il faut que nous arrivions tous premier en haut de l’Aubisque sous peine de perdre notre rang dans la hiérarchie des nations. Ce qui me gêne, c’est quand, pour atteindre soi-disant ce but ridicule, nous négligeons le véritable travail de l’homme. Je suis bien content qu’un tel ou une telle «réalise un temps remarquable» (pour parler comme un sportif) dans la brasse papillon, voilà à mon avis de quoi réjouir une fin d’après-midi pour qui a réalisé cet exploit, mais de là à pavoiser4 les bâtiments publics, il y a loin.
                                                                                                   Jean Giono, Les Terrasses de l’île d’Elbe,
                                                                                                                          © Gallimard, 1976.
 
1 totocalcio : loto sportif italien.
2 chapeau gibus : chapeau haut de forme qui peut s’aplatir.
3 l’Aubisque : col des Pyrénées.
4 pavoiser : orner de drapeaux.
 

                                                       Le sport
La résonance mondiale des Jeux Olympiques (gros titres dans les journaux, émissions télévisées, etc.) montre l’importance démesurée qu’ont prise les spectacles sportifs dans la mentalité contemporaine. La littérature, la science et jusqu’à la politique pâtissent devant les exploits des «dieux du stade».
Je ne méconnais pas la valeur humaine du sport. Sa pratique exige de solides vertus de l’esprit: maîtrise de soi, rigueur, discipline, loyauté. La, compétition sportive est une école de vérité : la toise, le chronomètre, le poids du disque ou de l’haltère éliminent d’avance toute possibilité de fraude et toute solution de facilité. Aussi, une faible marge de contingence1 mise à part (indisposition passagère ou influence du climat), la victoire y va t-elle infailliblement au meilleur, ce qui est loin d’être le cas dans les autres compétitions sociales, par exemple dans la bataille électorale ou dans la course à l’argent et aux honneurs. Un homme politique peut faire illusion sur ses mérites ; un sportif est immédiatement sanctionné par les résultats de son effort. Ici, le vrai et le vérifiable ne font qu’un...
Cela dit, je vois dans cet engouement exagéré pour le sport le signe d’une dangereuse régression vers le matérialisme — et un matérialisme rêvé plutôt que vécu.

   Expliquons-nous.
J’ai parlé des vertus sportives. Mais l’unique but de ces vertus est d’exceller dans un domaine qui non seulement nous est commun avec les animaux, mais où les animaux nous sont infiniment supérieurs. S’agit-il de la course à pied ? Que représente le record des deux cents mètres abaissé d’un quart de seconde en comparaison des performances quotidiennes d’un lièvre ou d’une gazelle ? Du saut en longueur ou en hauteur ? Regardez donc l’agilité de l’écureuil qui voltige de branche en branche. Du lancement du disque ou de l’haltérophilie ? Quel champion égalera jamais l’exploit de l’aigle qui «arrache» et enlève dans le ciel une proie deux fois plus lourde que lui ? Par quelle étrange aberration restons-nous si souvent indifférents aux exemples des sages et aux œuvres des génies, alors que nous nous extasions devant des prouesses qui n’imitent que de très loin celles de nos «frères inférieurs» ?
Je disais que le sport exclut la fraude. Ce n’est plus tout à fait vrai. La fièvre malsaine du record dicte souvent l’emploi d’artifices malhonnêtes. Est-il besoin d’évoquer les scandales du «doping» ? Et nous avons appris la disqualification de deux championnes olympiques à qui, pour augmenter le tonus musculaire, on avait injecté des hormones mâles. Tout cela procède d’une barbarie technologique qui sacrifie les deux fins normales du sport (la santé du corps et la beauté des gestes) à l’obsession de la performance.
Mais il y a pire. C’est précisément à une époque où les hommes, esclaves des facilités dues à la technique, n’avaient jamais tant souffert du manque d’exercice physique qu’on voit se développer cet enthousiasme délirant pour les manifestations sportives. Des gens qui ont perdu le goût et presque la faculté de marcher ou qu’une panne d’ascenseur suffit à mettre de mauvaise humeur, se pâment devant l’exploit d’un coureur à pied. Des gamins qui ne circulent qu’en pétrolette font leur idole d’un champion cycliste. Il faut voir là un phénomène de transposition un peu analogue à celui qu’on observe dans l’érotisme : les fanatiques du sport-spectacle cherchent dans les images et les récits du sport-exercice une compensation illusoire à leur impuissance effective. C’est la solution de facilité dans toute sa platitude. Admirer l’exception dispense de suivre la règle ; on rêve de performances magiques et de records pulvérisés sans bouger le petit doigt ; l’effervescence cérébrale compense la paresse musculaire.
Le sport est une religion qui a trop de croyants et pas assez de pratiquants. Remettons-le à sa place, c’est à dire donnons-lui un peu moins d’importance dans notre imagination et un peu plus de réalité dans notre vie quotidienne.
                                                                                       Gustave Thibon, L’équilibre et l’harmonie,
                                                                                         © Librairie Arthème Fayard 1976
 1 contingence : synonyme de hasard.
                                             
                                              La revanche de l’homme sans qualité 
 
La nouvelle aventure s’est démocratisée, elle est le fait d’employés, de sportifs, de professeurs d’éducation physique, de médecins, de kinésithérapeutes, d’enseignants ; elle recrute dans tous les milieux,avec une prédilection pour les classes moyennes. Elle marque la revanche de l’homme sans qualité et la puissance d’attraction du risque dans le monde moderne. L’aventurier n’est plus l’homme d’exception, entouré du halo de celui qui a osé l’impossible ou l’impensable et dont l’identité incertaine en appelle à la rêverie, l’homme d’au-delà de la ligne d’ombre qui pouvait se perdre un temps dans l’altérité1 humaine et géographique pour mieux se sentirexister à la manière des personnages de Joseph Conrad ou de Malraux. Si 1’aventurier d’autrefois était un maître du rêve et du nocturne, celui d’aujourd’hui, sous la lumière crue des projecteurs, est plutôt un publiciste du risque, après en avouir été le prospecteur, un bateleur sur la grande scène de l’exploit. L’aventure n’est plus dans le grand large, elle est au bout de la rue, à portée de la main pour l’homme occidental qui a le loisir et surtout la patience de courir les sponsors2. « Mes aventures, mes découvertes, mes craintes mes angoisses ne sont pas réservées à un Rambo, mais à tout homme normal, s’il entreprend » , dit Nicolas Hulot3, orfèvre en la matière. La nouvelle aventure tend à devenir une forme routinière de mise en valeur de soi où l’ « honnête homme » a enfin quelque chance de briller. Les pompiers d’Orange condensent en une seule figure plusieurs des traits de la « nouvelle aventure ». En décembre 1991, ils entendent gravir le Kilimandjaro. Seize pompiers bénévoles et professionnels, accompagnés de six jeunes en difficulté d’intégration. L’équipe tout entière doit atteindre les 5 895 m après une quinzaine de jours d’acclimatation. Dans leurs bagages, des médicaments et des produits destinés aux populations locales. Une descente en parapente et une autre à ski sur éboulis couronnent l’expédition.
Les entreprises s’ouvrent à l’aventure par le biais du sponsoring, les stages de survie à l’adresse des cadres, la participation des employés eux-mêmes à des épreuves valorisant l’image de marque de leur maison (sept employés de Bull atteignent l’Annapurna en 1988, cinq autres équipes doivent leur succéder ; les employés d’Alcatel, dans un gigantesque relais, projettent de traverser la Manche à la nage ; le personnel de l’université de Strasbourg rallie le mont Blanc, etc.). Des stages de formation permanente à l’adresse des cadres et des commerciaux proposent des initiations à l’aventure : survie, rafting, spéléologie, escalade, marche sur le feu, saut dans le vide retenu par un élastique, initiation au désert en plein Sahara, etc. « L’aventure nous révèle » est le slogan de l’association Hors Limites, l’une des plus anciennes sur le marché, essentiellement tournée vers une clientèle de cadres. Signe des temps, l’aventure est devenue un outil de formation et d’intégration sociale. Les vacances, elles-mêmes, se tournent vers « la nouvelle aventure » et proposent des trekkings à Bornéo, au Ladakh, dans les Andes, au Sahara, etc., des stages de survie en Amazonie, des raids en 4x4 en Tunisie, en Algérie, au Maroc, à travers le Sahara ou encore en Islande. « Dans ces raids ou défis sans cesse renouvelés, dit la brochure Raid Découverte, l’Afrique, chacun peut, s’il le désire, dépasser ses propres limites, mener une véritable compétition avec lui-même, vivre l’Aventure de la Découverte. » L’aventure, clés en main, pour quelques semaines pendant l’été, pour une somme modique, et en toute sécurité.
                                                                                     David Le Breton, Passions du risque
                                                                               © Éditions Métailié, Paris 1991 (p. 137-138)
1 Altérité : caractère de ce qui est autre ; l’aventurier a la faculté de se dépasser, de devenir autre.
2 Sponsors : personnes ou organismes qui soutiennent financièrement une entreprise à des fins publicitaires.
3 Nicolas Hulot : animateur d’émissions télévisées relatives à l’aventure

Texte :                                                 

                       Rien n'est plus négligé que l'éducation des filles. La coutume et le caprice des mères y décident souvent de tout: on suppose qu'on doit donner à ce sexe peu d'instruction. L'éducation des garçons passe pour une des principales affaires par rapport au bien public, et quoiqu'on n'y fasse guère moins de fautes que dans celle des filles, du moins on est persuadé qu'il faut beaucoup de lumière pour y réussir.

                      Pour les filles, dit-on, il ne faut pas qu'elles soient savantes, la curiosité les rend vaines et précieuses; il suffit qu'elles sachent gouverner un jour leurs ménages, et obéir à leurs maris sans raisonner. On ne manque pas de se servir de l'expérience qu'on a de beaucoup de femmes que la science a rendues ridicules. Après quoi, on se sent en droit d'abandonner aveuglément les filles à la conduite de mères ignorantes et indiscrètes (…)

                    Mais que s'ensuit-il de la faiblesse naturelle des femmes? Plus elles sont faibles, plus il est important de les fortifier. N'ont-elles pas des devoirs à remplir, mais des devoirs qui sont des fondements de toute la vie humaine? N'est-ce pas elles qui ruinent ou qui soutiennent les maisons, qui règlent tout détail des choses domestiques, et qui par conséquent décident de ce qui touche de plus près à tout le genre humain? Pas là, elles ont la principale part aux bonnes ou aux mauvaises mœurs de presque tout le monde (…)

                     Le monde n'est point un fantôme, c'est l'assemblage de toutes les familles; et qui est-ce qui peut les policier, avec un soin plus exact que les femmes qui, outre leur autorité naturelle et leur assiduité dans leur maison, ont encore l'avantage d'être nées soigneuses, attentives au détail, industrieuses, insinuantes et persuasives? (…)

                     Enfin, il faut considérer, outre le bien que font les femmes quand elles sont bien élevées, le mal qu'elles causent dans le monde quand elles manquent d'une éducation que leur inspire la vertu (…)

                       Voilà ce qui prouve l'importance de bien élever les filles: cherchons – en les moyens.                                                                                             

                                                                    Fenelon, traité de l'éducation des filles (1687

Texte :                                                 


                       L'oisiveté, l'ennui, la rue: tout cela favorise les rencontres et les liaisons avec les jeunes qui se trouvent dans la même situation. Et c'est bientôt la formation du groupe, de la bande. On commence par les petits larcins (il faut bien vivre), puis comme l'appétit vient en mangeant et qu'on commence à se sentir puissant en bande, on devient plus ambitieux. "L'expérience" aidant, on passe du simple vol à l'étalage au cambriolage, du vol de voiture à l'agression et c'est l'escalade qui mène parfois jusqu'au crime.

                      Le premier séjour en prison, si redouté tout d'abord est souvent ressenti par le jeune délinquant comme une sorte de "stage" au cours duquel il reçoit de précieux "conseils des anciens" indispensable pour faire carrière dans la "corporation".

                    Là encore, selon les affinités, le jeune délinquant primaire se lie avec les détenus, et subit fatalement leur néfaste influence. Il décide alors de se "spécialiser". C'est alors la rechute, les cercles vicieux, et la déchéance à plus ou moins long terme.

                    Tel est, schématisé, "l'itinéraire" classique par lequel passent les jeunes garçons délinquants.

                     Pour l'adolescente, l'aventure, la ronde infernale devrais-je dire, commence le jour où sa "meilleure amie" qui ne lui veut que du bien lui présente le prince charmant. Bien entendu riche, généreux et bien placé. Il lui suffit de se montrer gentille avec lui pour qu'il mette fin à toutes ses difficultés. Malheureusement, sous le masque du prince charmant se cache le sombre individu sans scrupules qui disparaît comme par enchantement sitôt son désir satisfait laissant derrière lui amertume et désillusion… Pour notre adolescente, le premier pas franchi, le reste devient facile. Et comme il n'y  a pas de sot métier après tout…

                     Comme on le voit, bien que ces deux itinéraires ne passent pas par le même point, ils n'en présentent pas moins un dénominateur commun: le point de chute.

                     Dans un cas comme dans l'autre c'est au bout du chemin, l'abîme de la déchéance et la pénible sensation d'avoir gâché sa vie, sans même s'en rendre compte.

                     C'est qu'il suffit de mettre le bout du doigt dans l'engrenage pour que le bras tout entier soit frappé, broyé, quand ce n'est pas tout le corps qui y passe. Si on en revient, c'est handicapé pour la vie.

                     L'occasion ne m'a pas été donnée de rencontrer ceux qui n'en sont pas (et pour cause). Par contre, le récit que m'ont fait de leur pitoyable aventure avec quelques jeunes délinquants, qui m'ont donné l'impression d'être plus à plaindre qu'à blâmer, me paraît assez significatif et peut donner une idée de la nature de la délinquance juvénile dans notre pays.

                     Ce ne sont là que quelques exemples choisis au hasard parmi les plus simples et les moins graves. Mais ce ne sont pas des cas isolés. Il est possible, sans risque de tomber dans l'excès de les multiplier par mille, voire davantage.

                                                                                           Meziane Hashas                               

                                                                            Algérie Actualité n° 652/13 – 19 Avril

Texte :                                                         La Violence à la télé : Ras le Bol


    
La nausée. Comme nommer autrement ce sentiment qui nous étreint, soir après soir, face au spectacle, toujours plus agressif de la violence à l’écran ?...

     Même si la plus part des recherches échouent à établir le lien de cause à effet entre la représentation de la violence et le passage à l’acte, elles convergent pour admettre que l’exposition prolongée accroît l’agressivité, augmente les effets négatifs sur les attitudes et les représentations mentales et morales des spectateurs.

     (…) Les programmes pour la jeunesse, farcis de japo-niaséries au rabais, sommaires, laides, déprimantes, angoissantes, entrelardées de pubs, décrivent des univers sinistres, aux couleurs agressives, où la mort est omniprésente.  Tuer ou être tué ? Telle est la question que l’on inocule dans des têtes des enfants dont la plus parts des parents ignorent ce qu’ils ingurgitent, trop contents de les abandonner devant la télé baby-sitter. Sophie Cathelineau qui étudie pour la CSA la logique de  ces programmes, dénonce « la déstructuration du récit, l’aplatissement du langage, la logique d’intimidation, l’utilisation forcée du sadisme. ». Elle note que le but principale du héros se résume à « comment faire souffrir le plus possible ? A force d’être banalisée, la violence qui est une transgression, devient la loi »

    Accusation gravissime…  Tôt ou tard, cette fascination pour la violence, sous toutes ses formes, aura un prix social…. « Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, relève Georges Gerbner, professeur à l’université de Pennsylvanie, la plupart des récits mettant en scène les individus, la vie et les valeurs sont transmis par les parents, l’école, l’église ou peu d’institutions proches qui ont un message à transmettre, mais par des conglomérats lointains qui ont quelque chose à vendre. »

     Nos enfants ont-ils mérité qu’on leur inflige une telle bouillie infâme ? Au nom de quoi sont-ils condamnés à adhérer à cette « philosophie » de l’élimination, du nettoyage, de l’extermination ?


                                                                                                                     

 

                                                                                                                 J.CL RASPIENGEAS, Télérama

                                                                                                                        Du 2 au 8 novembre 1996

FACE AU PHÉNOMÈNE DES HARRAGA

               Ould Abbès préconise une lutte sans merci contre les passeurs

      «Sans aucune pitié, sans aucune conscience, les passeurs de la mort proposent des sommes faramineuses contre une embarcation de fortune», a indiqué le ministre. En 2007, pas moins de 1300 jeunes ont tenté de quitter clandestinement par mer le pays contre 335 en 2005. Concernant les décès, le ministre affirmera qu’aucun chiffre ne peut être avancé pour le moment. 
    Malgré les nouveaux dispositifs mis en place (micro crédit, prêts non rémunérés, 100 locaux par commune…), certains jeunes sans qualification ne se sont pas insérés dans l’un de ces mécanismes.
   Mais que faire pour dissuader les jeunes à s’aventurer et trouver la mort ? «Il faut sensibiliser les jeunes, les parents, renforcer le rôle du muphti de la mosquée qui est salutaire», estime le ministre. L’autre solution évoquée par le docteur Djamel Ould Abbès est la formation des jeunes sans niveau pour une durée de 3 à 6 mois avec l’octroi d’un micro crédit. 
   Le professeur Nacer Djabi, sociologue qui a participé à l’émission a, quant à lui, estimé que la première cause qui pousse les jeunes à partir est le chômage ainsi que l’absence de loisirs. En somme, le jeune cherche un autre mode de vie plus attrayant où il peut s’épanouir dans sa vie sentimentale et dans son travail.
    Cette recherche du bonheur s’explique aussi, selon le sociologue, par l’impact de la parabole. La généralisation de cette dernière qui diffuse les programmes étrangers a attisé les frustrations des jeunes qui, impuissants, observent des sociétés évoluer de jour en jour.
«Nos jeunes vivent un vide politique et sentimental», assène Nacer Djabi. Pour lui, chaque génération de jeunes Algériens avait son idéal comme la Révolution agraire pour les années 70 par exemple. «Mais pour la jeunesse actuelle, c’est le néant», estime-t-il avant d’indiquer que le seul rêve des jeunes est de quitter le pays. 
    A ce propos, le ministre a reconnu la mauvaise répartition de la richesse et le manque de projet de société pour les jeunes.
   Il a affirmé que la nouvelle politique du gouvernement vise à renforcer la famille et l’enracinement des constantes nationales ainsi que le patriotisme en plus de l’ouverture d’un dialogue avec tous les jeunes pour endiguer le problème des «harraga».

 

                                                                            15-04 2008  Horizon - Rabéa F


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